Ce que la parole dit. J'espère bien que Yann Diener - collègue de colonnes, et ami - ne m'en voudra pas de marcher, à ma manière, sur ses plates-bandes freudiennes. Chez Macron, ce qu'il n'a pas raconté l'autre après-midi devant les journalistes est plus important que les pauvres mesures annoncées.
Il n'aura rien dit, par exemple, de la chute vertigineuse de la biodiversité, qui nous fait entrer, guillerets, dans la sixième crise d'extinction des espèces, la pire depuis 65 millions d'années. Rien. Cela n'existe pas.
Il n'aura rien dit des pesticides, qui sont en train de faire disparaître oiseaux, abeilles et papillons. Malgré l'Appel des coquelicots et ses 620 000 soutiens. Rien. En parler eût été faire de la peine à ses alliés de la FNSEA et à l'axe morbide Bayer-ChemChina, rois de cette mondialisation qu'il adore.
Face au climat enfin, le faquin qui nous gouverne a décidé d'agir. A décidé de dire qu'il allait agir. Cette procrastination plonge ses racines fort loin dans la psyché. Certains évoquent même la peur de mourir, car faire signifie aussi ne plus avoir à faire, et se retrouver face au destin commun.
En l'occurrence, je m'en moque un peu. Macron a donc inventé un machin de plus, qu'il appelle « conseil de défense écologique ». Il ne pourra rien en sortir de sérieux, et cette fois pour une raison qui dépasse de loin le cas présidentiel. S'attaquer à la crise climatique, c'est nécessairement affronter la métamachine à produire des objets inutiles.
Or, tout l'imaginaire de pacotille de Macron-Philippe and Co repose sur la marchandise. La production de tout. L'échange le plus rapide possible de tout. L'envoi massif de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, comme conséquence certaine et inévitable. Macron n'est pas même un criminel, et s'il fallait le juger, je crois qu'on devrait le déclarer irresponsable. Non, Macron et sa bande sont des idiots congénitaux. De la race de ceux qui, lorsqu'un doigt leur montre la Lune, regardent le doigt. Ils ne voient pas. Pauvres gens.
Le réchauffement climatique affole la planète. Les bonshommes que nous sommes prennent soudain conscience que rien ne sera plus comme avant. Que les tortues de mer et les rhinocéros blancs vont certes crever les uns après les autres, mais en nous entraînant avec eux. Ce n'est pas la compassion pour ces bestioles qui nous anime, mais notre égoïsme, car leur sort sera aussi le nôtre. Depuis des décennies, les écologistes ont tenté d'alerter leurs semblables de l'abîme vers lequel ils se dirigeaient. Mais on a préféré moquer, marginaliser ces écolos qui voulaient sauver « les p'tites fleurs et les p'tits zoiseaux », comme on leur rétorquait, pour ridiculiser leur cause. C'est seulement aujourd'hui que les humains commencent à comprendre qu'ils font partie du règne animal, eux aussi. Et qu'eux aussi crèveront avec les « p'tits ... Voir plus

Dans Héroïques, Inna Shevchenko
nous raconte une libération en trois étapes
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REPORTAGE TANIA DE MONTAIGNE D2COUVRE L’ÉCOLE CATHO
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Donnons un petit coup de main littéraire aux « gilets jaunes ». La libre insolence du faible au fort est un sport national, où se sont illustrés quelques écrivains qualifiés à tort de mineurs : leurs styles fouettent la résistance au pouvoir et la volonté d'émancipation. Il y a quelques jours, dans une petite librairie, ... Voir plus
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Le 25ème Prix France Info de la bande dessinée d’actualité et de reportage vient d’être décerné à Luz pour Indélébile : « un chef d’œuvre de pudeur et d’émotion » selon le jury. Un hommage rendu au « dessin tout court, au métier de dessinateur et aux gens qui sont partis, en célébrant leurs rires, leur puissance et leurs dessins » selon l’auteur. Bravo Luz !
Merci à Bibliothèques Sans Frontières pour cette vidéo sur le thème du "double standard" :
« C’est une question que nous ont souvent posée les jeunes : pourquoi est-ce que Dieudonné a été condamné pour ses propos sur les Juifs et pas Charlie Hebdo pour ses caricatures de Mahomet ? Est-ce qu’il y aurait un double standard ? La comparaison entre Dieudonné et Charlie Hebdo est-elle la bonne ? Dans cette vidéo, nous reprenons ces deux affaires en en décortiquant tous les aspects et nous nous posons la question : Ne faudrait-il pas plutôt comparer les propos de Dieudonné avec ceux de Brigitte Bardot ? »