vendredi 6 septembre 2019

Sur la prière par l'Archimandrite Aimilianos de Simonopetra

Paroles sur la prière de l'Archim. Aimilianos de Simonopetra (enregistrement et transcription en 1990). La Prière - "un droit humain de chercher et de trouver Dieu",  vivre Dieu "et une découverte du mode selon lequel elle vient" dites pour la télévision allemande au monastère d'Ormylia en 1990


— Qu'est-ce que la prière?

La prière est une expérience réelle de la présence de Dieu. Elle est aussi l’assurance de la communion avec Dieu, à Qui l'homme parle et qui découvre ce qui est au plus profond de son cœur. Et il perçoit la présence de Dieu et, en même temps, son propre travail, sans que cette communion divine ne crée de confusion entre les deux personnes. Chacun de ces êtres, l'humain et le divin, reste dans ses limites, mais c'est l'homme qui monte vers Dieu, tandis que Dieu se penche sur l'homme. L'homme se donne à Dieu par la prière et Dieu se donne à l'homme. Et de cela résulte de cette chose merveilleuse, d'avoir un Dieu et un homme en même temps.

— Pourquoi les moines prient-ils ?

Les moines prient, bien sûr, parce que c’est [d’abord] un travail naturel qui jaillit du cœur de tous les peuples et de toute la nature humaine. Il n'y a pas d'homme qui ne ressente pas ce besoin de prière, et ce besoin est aussi un privilège, un droit humain de chercher et de trouver Dieu. Par conséquent, comme nous le comprenons, tous les gens prient, pas seulement les moines. Les gens ont pour exemple la communauté monastique et les moines ont pour exemple le monde des anges. Et, par conséquent, les moines constituent, comme on dit, la communauté angélique.

La vie monastique a été découverte à des hommes saints, qui avaient un haut degré de prière. C'est pourquoi ces moines qui prient - au fond c'est clair - ne cherchent pas à satisfaire certains besoins. Il n'y a rien de spécifique qui les amène à se donner à Dieu ou à être en relation avec Lui. Ils ne sont poussés par aucun intérêt personnel. Ils ne pensent jamais de cette façon. Au contraire! Les saints prient en tant qu'êtres qui comprennent parfaitement qu'ils s’élèvent, non pas physiquement, mais réellement, jusqu’à Dieu. Par conséquent, tous les moines prient. Leur but est très élevé, c'est la communion-même et la participation-même de Dieu dans leur vie. Par voie de conséquence, il s’agit de la déification, comme on dit habituellement.

C'est pourquoi les moines prient jour et nuit, car c'est là leur œuvre. Et, en fait, ils parviennent à se rapprocher de la communion avec Dieu. Lorsque nous parlons de «communion», cela signifie que nous découvrons notre relation et notre identité avec l'Église. Et l'Église monte vers Dieu, comme descendit autrefois du Ciel le Christ, par Sa venue. Toute l’Église - tout le monde, pas seulement les moines – réussit par la prière, comme nous le comprenons maintenant, à ne se nourrir et à vivre avec cette seule communion, par cette action, par cette prière, qui maintient l’homme dans la Divinité et dans laquelle Dieu est incorporé par l'homme.

— Pour quelles choses et pour quelles personnes les moines prient-ils?

Eh bien, si les moines ne prient pas pour eux-mêmes et pour leurs intérêts, pour leurs besoins – qu'ils essaient continuellement de réduire au minimum, pour ne pas avoir de problèmes eux-mêmes , il est naturel pour les moines de prier pour le monde entier, pour l’Église entière – puissance et œuvre existentielle qui perdurera jusqu’aux siècles des siècles. Et dans cette Église, il y a des pécheurs, il y a aussi des saints et des justes, et aussi des anges – c’est ce qui signifie « de tous et de chacun ». Tout ce que Dieu a créé;  « tous et chacun » qu'Il porte en son sein. Et tout cela, qui est l'œuvre du Seigneur, est également repris par les moines en participant à l'économie de Dieu. Et ils embrassent tous et chacun, comme je l'ai dit, les incluant, dans leur propre prière. En d'autres termes, c'est leur œuvre.

— Qu’est-ce que la prière de Jésus?

Maintenant, nous entrons plus dans l'espace intérieur. La prière de Jésus est l’essence de toutes les prières existantes dans notre Église, c’est la prière la plus concise, la plus authentique et la plus efficace que l’homme puisse faire. Et, surtout si nous comprenons bien cela, cette prière est la plus directe, la plus appropriée et la plus accessible, et pas seulement pour les moines. Et c’est aussi une grande importance, parce que les laïcs et les moines prient également avec la même prière, parce que c'est cela qui nous rend immédiatement capables d’acquérir Dieu, comme des yeux qui se remplissent de lumière. En d'autres termes, comme il n'y a pas deux systèmes de vie spirituelle, les moines, qui ont pour exemple le ciel, et le monde qui, comme je l'ai dit, a pour exemple la communauté monastique, prient également avec cette prière.

La prière est donc un bien unique et exclusif de l'Église. La prière est une conséquence qui émerge des profondeurs de l'existence monastique et, bien entendu, de l'homme qui désire et attend Dieu. C'est une expérience des Pères de l'Église et un fruit acquis par les personnes qui maintiennent une vie purifiée et évangélique. La prière est donc une mémoire vivante et une invocation du Nom de Dieu.

C'est court et c'est la répétition de ces mots: "Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi!" À travers cette invocation et cette répétition, que nous arrive-t-il? Nous obtenons un dynamisme spirituel qui ne vient pas de nous, mais de Dieu Lui-même. Le nom du Seigneur, que nous répétons, n’est pas quelque chose de fortuit, mais il est complet, il comprend la divinité, il embrasse le Christ Lui-même, qui vient immédiatement en communion avec nos cœurs. Ainsi, la répétition que nous faisons des mots de la prière a une signification, non pas parce que cette invocation à elle seule peut procurer quelque chose, mais parce que cette invocation nous aide à nous forger une habitude, et que l’invocation du Christ devienne permanente en nous-mêmes, de sorte que ce qui nous entoure et ce qui est dans notre cœur sont remplis de Dieu. Cette répétition n’est donc pas une formule magique qui peut porter ses fruits par elle-même. La répétition n'est qu'un renforcement, une fixation et un ensemencement du Nom du Christ et donc du Christ Lui-même dans notre vie quotidienne. Ce n'est pas un travail mécanique, ce n'est pas une opinion subjective de l'homme, ce n'est pas une action qui crée une image humaine illusoire, ce n'est pas un exercice psychosomatique  au sujet duquel l'on pourrait penser qu’il nous ferait accéder à une connaissance gnostique ou syncrétique, ou que cela aurait des résultats spirituels, ou que par cette formule, l'homme pourrait tendre vers l’infini ou vers un dieu sans visage. La répétition crée en l'homme le pouvoir d'invoquer Dieu sans cesse, et par conséquent, la participation de l'homme lui procure un état de bonheur et de joie spirituelle et d'autres charismes. Et puis, quand l'homme atteint ce stade primaire, il comprend qu’elle sert de médiation entre sa personne et le Dieu Personnel, le Saint-Esprit! Et à partir de ce moment-là elle élève l'homme à Dieu.

 — Pourquoi les moines prient-ils avec la prière de Jésus toujours et partout?-

Eh bien, c’est, je dirais, la seule prière qui, de toute évidence, crée les conditions préalables pour que nous puissions tous les jours et, de manière palpable et en même-temps, facilement, trouver et se réjouir de Dieu. Celui qui est invisible par cette prière est vu dans notre vie. Ainsi, à travers cette prière, les moines acquièrent partout et toujours le sentiment indéfectible de la présence de Dieu et un dialogue intérieur si profond qu'il atteint les profondeurs de la "mer" Divine. C'est pourquoi, de cette sorte de prière, que les moines ont découvert dans l'expérience de l'Église depuis le commencement, ils peuvent ainsi remplir la journée et créer de nuit un flambeau qui diffuse une lumière céleste dans l'univers tout-entier, qui est compris dans Son poing par Dieu Lui-même. Ainsi, par cette rencontre de l'homme avec Dieu, les moines parviennent à se sanctifier non seulement eux-mêmes, mais aussi leur espace et le monde entier.

— Quel est le but de la prière de Jésus?

Le but de la prière n'est ni sa méthode, ni les mots, ni le lieu, ni l’Hésychia, ni rien de ce que cette prière implique. On peut dire que le but de la prière est ce qui est mis en œuvre dans l'homme par Dieu; que c’est ce que Dieu fait en nous Dieu. Ce qui s’y fait est une expérience vivante. Mais ce n'est pas seulement l’expérience vivante de Dieu! C'est aussi la découverte de la façon dont Il vient, de la manière dont la venue de Dieu est réalisée - le Dieu personnel dans la personnalité de l'homme. Et bien sûr qu’Il vient dans la lumière! Et puis, l’homme  ressent et comprend encore, à la fin de son ascension, l’union qu’il réalise. Et, avec cette union, vient la purification, le progrès spirituel, la croissance de l’enfançon qui est né dans l'homme. Et, de plus, l'Esprit offre à l'homme un état divin permanent à partir duquel il avance vers l'illumination, vers un éclat, vers un épanouissement à différents niveaux que Dieu accorde et ouvre à l'homme.

Le but de la prière, pourrait-on dire en un mot, est un parfait mystère! Mystère du Dieu invisible, maintenant ressenti et de la personne vue, que Dieu acquiert. Ce mystère nous a été révélé par les Pères de l'Église. Nous savons aussi toujours, par expérience, comment le recevoir, non par le biais de compréhensions et de méditations, mais de la manière par laquelle Dieu pénètre dans l’être humain et le transforme entièrement. Et ainsi progressivement il devient une personne qui peut goûter, comprendre et embrasser ce mystère.

Maintenant que nous parlons du but de la prière, nous devons noter quelque chose. Il y a aussi quelques étapes plus hautes auxquelles accède l'homme quand il continue la prière de Jésus. Mais, ces étapes, nous les omettrons pour le moment, car nous ne pouvons pas parler de quelque chose dont seule la personne [concernée] a la connaissance, et qui seule peut la dévoiler à une autre personne. C'est donc une ascension échelonnée. C'est une communion toujours ascendante et complète, immuable, c'est-à-dire que ni l'un ni l'autre ne change. Il y a une vision spirituelle et une communion invisible. Cette personne vit cette grandeur, elle vit le divin dans un bonheur et une joie inexprimables. Et sur ce chemin, elle court sans obstacle et sans pouvoir le dire aux autres. Elle-même l'a embrassé, elle l'a porté. Et, par conséquent, cette promotion de l'homme, qui monte jusqu'aux plus hautes étapes de la prière qui se déroule au fond du cœur, ces étapes que nous ne pouvons pas interpréter, cher M. Verner, devant un écran de télévision. C'est quelque chose que la raison ne permet pas. À partir de là, permettons à Dieu de rechercher les personnes qui souhaitent, qui luttent et qui parviennent, avec l’aide de Dieu, à accéder à ces hauteurs.

— La prière de Jésus change-t-elle la vie de l'homme?

Si elle change la vie de l’homme? Pour quelle raison les moines font -ils cette prière? D'après ce que j'ai dit jusqu'à présent, du fait des questions provocatrices que vous nous avez posées, on arrive naturellement à la conclusion que la prière change la vie de l'homme. Cela change l'homme et lui rend la première beauté dont Dieu l’a doté au Ciel. Et, bien sûr, il l'élève encore plus haut et lui donne beaucoup plus de compréhension, de ressenti et de spiritualité, et le rend de plus en plus porteur de grâce à mesure que le temps passe. Et, non seulement cela le ramène à la beauté paradisiaque qu'il avait autrefois, mais cela le ramène également à la pleine liberté dans laquelle Jésus-Christ nous a affranchis. Ainsi, Dieu modèle-t-Il de telles personnes! Et cela se fait de notre temps, avec toutes les catégories de personnes, laïcs et moines. Et cela rend les gens capables, en empruntant  cette voie de prière qu’ils accomplissent, de glorifier Dieu et – c’est important – de pouvoir ouvrir la voie de l’Éternité à leurs semblables.

— Merci beaucoup Geronda !
 Et je me réjouis de ce dialogue que nous avons mené aujourd'hui!

Traduction du grec en roumain : Elena Dinu,
Transcription, correction et édition: orthodoxe roumain en France
Traduction en français par Maxime Martinez revue par P. Mihaï

vendredi 30 août 2019

DANGER ET PRIÈRE INCESSANTE par St PAÏSSIOS

Geronda comment pouvons-nous ressentir la prière comme une nécessité ?

- Avoir fait la guerre vous aiderait à comprendre ! Quand nous étions militaires, pendant la guerre, nous étions en contact permanent, et le «Toujours à l'écoute » avec le Centre nous rassurait. Lorsque nous communiquions toutes les deux heures, on restait vigilant par rapport au danger. Lorsque nous ne communiquions que deux fois par jour, le matin et le soir, on se sentait en insécurité. La même chose se produit avec la prière. Plus on prie, 
plus on se sent en confiance spirituellement. La sécurité est dans la prière.
Si nous sommes en contact permanent et le «Toujours à l'écoute » avec Dieu, nous seommes prêts à affronter tous les maux. 

Une fois à l'intérieur d'un bus il y avait un moine qui était en train de prier les yeux fermés ; les autres passagers pensaient qu'il dormait. Soudain, un camion venant en direction opposée a heurté une colonne de PPC et les véhicules qui roulaient dans les deux sens sont entrés en collision les uns avec les autres et ont subi de grands dommages. Mais le bus a été retrouvé à quelques mètres de la route, comme si une main invisible l'avait déplacé et aucun des passagers n'a été blessé. La prière du moine avait sauvé le bus et ses passagers.

- Geronda, les laïcs demandent souvent comment s'habituer à prier.

Dans les temps anciens,  ceux qui avaient commencé le monachisme et avaient eu du mal à s'exercer et à pratiquer s'installaient sur des falaises abruptes, dans des grottes, dans des tombeaux païens ou dans des habitations de démons. Il y avait beaucoup de dangers dans ces lieux - ils risquaient de chuter, les démons marmonnaient, etc. - et leur peur les poussait à crier : «Mon Christ, ma Toute Sainte.» C’est ainsi que la bonne habitude d’une prière incessante a persisté.

Aujourd'hui, avec les sorties nocturnes, la drogue, etc., beaucoup de ceux qui conduisent ne se contrôlent pas. c'est ainsi que quelqu'un qui va au travail ne sait pas s'il va rentrer chez lui vivant ou s'il ne se retrouvera pas infirme dans un hôpital. Cela ne l'oblige-t-il pas à dire constamment: « Mon Christ, ma Toute Sainte !» ? Si les laïcs profitaient des dangers auxquels ils étaient confrontés, ils dépasseraient les moines en prière et éviteraient les dangers.

Quelqu'un est venu un jour à notre  Kalyve très angoissé parce que, par inattention, il a heurté un petit enfant avec sa voiture. « Je suis coupable », a-t-il dit. J'ai demandé: « Est-ce que tu priais à ce moment-là ? ». « Non, » a-t-il répondu. « Alors tu es moins coupable d'avoir   heurté l'enfant que de ne pas avoir prié.» Et je lui ai fait part d'un autre accident dont j'avais le souvenir : j'ai rencontré un employé qui s'était élevé à de grandes vertus. Ainsi disait-il la prière non seulement au travail mais aussi sur la route, et partout. La prière se générait d'elle-même chez lui et des larmes de louange et de joie coulaient souvent de ses yeux au point qu'au bureau où il travaillait, ses papiers se mouillaient de ses larmes. Il pensa donc à quitter son emploi avec une pension réduite, et il est venu à la Kalyve pour me demander ce qu'il fallait faire. « Ne pars pas, lui ai-je dit, et quand tes collègues te demanderont la cause de tes pleurs, tu leur répondras : « Je pense à la bénédiction de mon défunt père.» Un jour, pendant qu'il conduisait, un enfant a soudain sauté devant son véhicule et l'enfant a été projeté en l'air, mais il n'a pas eu la moindre blessure. Dieu l'a protégé, parce qu'à ce moment, l'homme était en prière.

Version française par Maxime le minime 
de la source

jeudi 29 août 2019

Comment le postulant à la Papauté des Uniates s'approche pour poignarder l'Orthodoxie au cœur et prendre le pouvoir…

Nul besoin d'avoir été prophète pour prévoir et alarmer de la  suite des méfaits d'un vieillard sénile manipulé par un gouvernement corrompu à la solde de ce qu'il y a de pire aux États Unis d'Amérique dans le genre domination mégalomaniaque et diabolique du monde  entier — pour devenir Pape universel des Uniates (catholiques de rite byzantin). Je l'ai fait il y a déjà quelque temps, en plusieurs occasions mais j'étais suffisamment pessimiste pour ne plus m'en occuper avec la conviction que "Dieu reconnaitra les siens". Cependant comme le postulant à la Papauté d'Orient s'approche désormais du cœur de ce qui jusqu'à présent demeurait le conservatoire de l'Orthodoxie et qu'il s'apprête à y semer directement le feu de la division avec des menaces, je me joins à la lettre ouverte du Métropolite Ukrainien Luc (Kovalenko) de Zaporojié [Eglise canonique] dont Elena Konstantinova a fait le rapport et que Claude a traduit dans son précieux Blog 
M.M:

Elena Konstantinova : Le Métropolite Luc publie une lettre ouverte aux moines de l'Athos


En vue de la future visite du patriarche Bartholomée à l’Athos, le Métropolite Luc (Kovalenko) de Zaporojié [Eglise canonique] a adressé une lettre ouverte aux moines de la Sainte Montagne.

Le hiérarque de l'Eglise orthodoxe ukrainienne, le Métropolite Luc (Kovalenko) de Zaporojié et Melitopol a publié dans son télégramme une lettre ouverte à tous les moines du Mont Athos.

La lettre de Son Éminence est adressée aux frères athonites à l'occasion d'une visite future à l’Athos du chef du patriarcat de Constantinople, le patriarche Bartholomée.

Le hiérarque a souligné que "aujourd'hui Dieu nous assiste en nous envoyant des épreuves dans lesquelles nous devons montrer la force invincible de notre foi et l'observance inébranlable des saints canons de notre Mère l'Église.

Le Métropolite Luc rappela aux moines d'Athos que "le soi-disant "patriarche" Bartholomée souillait son cœur et ses mains par la trahison de Dieu et la violation de Ses Saints Commandements. Grâce à l'action de cette personne, notre sainte Église orthodoxe ukrainienne est couverte de sang et de larmes. Les prêtres et les paroissiens sont battus, les églises sont saisies, nous sommes diffamés et calomniés par les médias."

Tout cela, selon Vladyka, donne aux chrétiens orthodoxes "l'occasion de montrer leur loyauté à Son Logos et de suivre Sa Volonté".

C'est pourquoi le métropolite a demandé aux moines "d'être pleinement solidaires avec nous dans cette fidélité au Christ et aux canons de l'Eglise orthodoxe... d'être fermes dans nos croyances, de ne succomber à aucune persuasion trompeuse et de ne pas craindre les menaces, car Dieu est avec nous" !

De plus, le Métropolite Luc a souligné que "ceux qui sont prêts à suivre l'appel d'un "loup en habits de brebis" de la soi-disant "obéissance", je déclare avec toute la responsabilité de mes paroles à Dieu et à Sa Sainte Eglise œcuménique et apostolique - tu trahis le Christ de cette façon !

Il écrit que "ni un père ni un bon berger, mais seulement un voleur et un brigand exhorteront quiconque à reconnaître les groupes nationalistes séparatistes comme une église canonique. Il ne s'agit pas d'être porteur de « l'image de douceur », mais d'un successeur spirituel et héritier de l'œuvre de Nestorius, de Serge Ier et d'autres hérésiarques - Jean XI Vekkos, Mélèce IV Metaxakis et Athénagore Spira - qui furent ministres de l'Ennemi du genre humain comme l'actuel patriarche de Constantinople. Le méchant M. Bartholomée a déjà perdu le droit d'être appelé non seulement patriarche, mais aussi orthodoxe."

Son Eminence a exprimé son regret parce que certains moines "sont prêts à reconnaître les actions de cette personne en acceptant les dissidents impénitents dans le corps de l'Eglise comme licites, seulement pour se donner l'opportunité de continuer leur vie monastique sur la Sainte Montagne."

Il appelle les moines à penser : "Cela vaut-il la peine pour trente pièces d'argent de trahir leur foi et leurs croyances ?" N'est-ce pas la peur, la lâcheté et la trahison qui se cachent dans le mot "obéissance" ? Vos prières et vos exploits achetés à un tel prix plairont-ils à Dieu ?"

Le Métropolite Luc rappelle aux moines que "le prix de cette trahison équivaut à réserver une place au Jugement dernier auprès de Judas et des bourreaux qui ont crucifié notre Seigneur. 

Notre Église paie déjà cette trahison par le sang et la douleur. Voulez-vous être condamnés avec nos bourreaux ? Ou peut-être vaut-il mieux " si nous sommes enfants, alors nous sommes héritiers - héritiers de Dieu et cohéritiers avec le Christ, si nous partageons Ses souffrances afin de partager aussi Sa gloire " (Romains 8:17).

Il s'adresse aussi à ceux qui ont décidé " que si le patriarche Bartholomée vient avec des schismatiques d'Ukraine, alors il y sera reçu, mais les schismatiques ne le seront pas " et leur demande de réfléchir sur " qui est le plus coupable : l'enfant ou la mère qui lui a donné naissance et l'a élevé ainsi ?

Son Eminence est sûr que « M. Archondonis » [id est le « patriarche Bartholomée»] est un homme que le Diable a frappé d'une terrible maladie - l'orgueil - et qui en a fait son arme. Sa tâche est de diviser l'Église, de semer l'inimitié, de faire des ravages, de détruire ceux qui ne sont pas fermes dans la foi, de secouer les sceptiques, de causer de l'embarras dans les esprits et de susciter la tentation. Du patriarche il se transforme en apôtre de Satan et son loyal sujet ! ”

A la fin de la lettre, le Métropolite Luc exhorte les moines "à conserver la foi et à se tenir loin des idoles (1 Jean 5:21)" et leur demande leurs saintes prières.

Plus tôt, l'Union des Journalistes Orthodoxes a écrit que le but principal du voyage du chef du Phanar au Mont Athos s'appelle "admonition" des monastères dissidents et des moines qui ne veulent pas reconnaître « l'église orthodoxe ukrainienne autocéphale » [schismatique] et voir des schismatiques sur la Sainte Montagne.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mercredi 28 août 2019

La tradition d'Elche de la représentation de la Dormition


Depuis 5 siècles jusqu’à aujourd’hui, un Mystère est présenté chaque année dans l’église catholique de la ville d’Elche, au sud de l’Espagne, dont les scènes et les textes ressemblent à une icône orientale animée de la Dormition.





lundi 26 août 2019

Femme à la fenêtre… par Carl Vilhem Holsøe




 Carl Vilhem Holsøe (1863-1935) peintre danois. Carl Holsoe, membre important de l'École danoise de peinture de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle, jouissait d'une grande estime parmi ses collègues et les collectionneurs. Holsoe s'entraîna de 1882 à 1884 à l'Académie royale de Copenhague auprès de Vilhelm Hammershoi, un très proche ami et mentor. Holsoe poursuivit ses études à la Artists 'School Study Study de Peder Severin Kroyer. Holsoe, Hammershoi et Peder Ilsted (1861-1933) partagèrent un intérêt accru pour l'étude de la lumière et de l'ombre et de leurs effets sur les surfaces et les objets d'un intérieur. Ensemble, les artistes ont ensuite formé l’école danoise de peinture intérieure. À partir de 1888, Holsoe reçoit plusieurs subventions de l'Académie et peut exposer son travail au Danemark et à l'étranger. En 1889, Holsoe reçut une mention honorable lors d'une exposition à l'Exposition Universelle de Paris. Deux ans plus tard, l'artiste se voit décerner une médaille à Munich, où il expose régulièrement jusqu'en 1918. Échappant à la sentimentalité des intérieurs du Golden Age, Holsoe et ses contemporains insufflent à ce genre traditionnel un caractère sacré et intemporel. En peignant des personnages solitaires, généralement des femmes, aux identités cachées, les peintures de Holsoe évoquent la nature terrifiante de l'introspection et de l'absorption de soi. Son travail, influencé par les intérieurs des XVIIe siècle des maîtres néerlandais Vermeer, de Hooch et de Ter Borch, explore le contenu émotionnel inhérent à l’intérieur du foyer.



dimanche 25 août 2019

Le monde régi par les démons


« Les premiers chrétiens savaient très bien également que le monde était régi par des démons et que l'individu qui se compromettait avec la politique, c'est-à-dire avec les moyens de la puissance et de la violence, concluait un pacte avec des puissances diaboliques ; il n'est pas vrai, savaient-ils aussi, qu'au cours de leurs actions le 'bien engendre uniquement le bien et le mal uniquement le mal - l'on constate bien plutôt et très souvent le phénomène inverse. Qui ne voit pas cela est en vérité, politiquement, un enfant. »

Max Weber (1864-1920)
in Le savant et le politique (1919)

samedi 24 août 2019

Restauration des monastères orthodoxes de Saidnaya en Syrie


Saidnaya, Syrie, le 22 Août, 2019



cdn.tvc.ru 

Situé à environ 17 miles au nord de Damas, la petite ville de Saidnaya reste l'un des plus grands centres de pèlerinage chrétien de Syrie. Il abrite le monastère des Chérubins et le monastère de la Nativité de la Mère de Dieu, tous deux appartenant au Patriarcat orthodoxe antiochien sous le Patriarche Jean X d'Antioche et de tout l'Orient.

Il n'y a pas longtemps, la ville était entourée par des militants, mais ayant retrouvé sa liberté, un autre monastère - de Saint-Georges - est maintenant en reconstruction active pour accueillir l'afflux de fidèles orthodoxes.

Les moniales de Saidnaya ont beaucoup souffert pendant la guerre la ville et ses lieux saints ont été fortement mitraillés, mais les moines ne l'on pas quittér apporte RIA Novosti .

« Un moine doit avoir la force d'esprit d'être un exemple pour les paroissiens. Comment pourrions-nous laisser notre église et fuir Saidnaya? » demandait le Père Savva du monastère de Saint-Georges.

 

Levés de bonne heure le matin - à 03h00  - après l'office de Matines à l'église, les moines vont à la carrière avec des pioches et des pelles pour faire des travaux d'agrandissement et restaurer leur église, et ils sont également assistés par des paroissiens.

"Quand nous venons ici pour baptiser un enfant ou accompagner un compatriote pour son dernier voyage, seul un petit nombre de gens tient dans l'église, pas plus de 50 personnes. Par conséquent, nous creusons dans la roche pour agrandir l'église de Saint-Georges le Victorieux. Et tout le monde travaille ici complètement gratuitement" dit l'ingénieur Jul Ngma.

cdn.tvc.ru 

"Malheureusement les trois quarts des bâtiments du monastère ont été détruits par des militants. Des icônes et des ustensiles de l'église ont été volés. Nous allons certainement restaurer", a déclaré Père Jean Tali, abbé des deux monastères Chérubins et Saint-Georges.

L'higoumène a également déclaré que les moines seront heureux de voir à nouveau des pèlerins de la Russie "Nous attendons avec impatience nos frères dans la foi. Nous avons réussi à préserver et sauver les lieux saints chrétiens des militants, et nous attendons le jour où nous pouvons organiser des prières communes dans nos églises"a-t-il dit.

(version française par Maxime le minime de la source)

vendredi 23 août 2019

«S’il tombe encore, il se relève encore, et ainsi jusqu’à la mort !» par St Théophane Le Reclus



«À l’origine, l’homme fut créé juste. Mais il tomba et perdit son harmonie intérieure. L’orgueil entra en lui, et avec l’orgueil, une multitude de passions, qui le détournèrent du bien et l'entraînèrent au péché. En cet état, l’homme souffrit. Aussi le Seigneur instaura-t-Il sur terre une infirmerie : la Sainte Église et les sacrements. Dans le baptême, on renonce à Satan et à ses œuvres, à son service et à son orgueil, c’est-à-dire à toutes les passions, et on reçoit la force de les combattre. Pour ceux qui tombent après le baptême, il y a le sacrement de pénitence, dans lequel les promesses du baptême sont répétées et les forces perdues de la Grâce renouvelées... Si le pénitent tombe à nouveau, il se relève à nouveau par le repentir. S’il tombe encore, il se relève encore, et ainsi jusqu’à la mort! C’est la voie commune du salut ! Nous avons, en outre, les carêmes", le jeûne” avec la préparation“ qui convient pour recevoir la communion. Il serait, certes, préférable de ne pas tomber après le baptême ou, du moins, de ne plus tomber après être tombé et s’être relevé par le repentir. Mais les passions sont proches de notre cœur — la vie en famille et en société leur fournit de nombreuses occasions de s’exacerber— et il arrive que le chrétien ne résiste pas à la tentation et tombe. Ou encore, il résiste deux ou trois fois et tombe à la quatrième ou à la cinquième. Il se repent, mais tombe à nouveau. Tant que sa conscience est fidèle et que les sentiments de piété et de crainte de Dieu demeurent vivants en lui, l’homme ressent ses chutes avec douleur. Les éviter dépend en partie de sa volonté. Ainsi, l’un s’enflamme à la pensée de vaincre et de déraciner les passions, d’accomplir sans faillir les promesses du baptême et de pénitence, ou de vivre sans blesser sa conscience ni offenser Dieu. N’estimant pas pouvoir y parvenir dans la société, un autre s'éloigne, fuit et demeure au « Désert» : il quitte le monde et entre au monastère. L’entrée au monastère implique donc la détermination de vivre sans plus s'adonner aux passions. La vie monastique, elle-même, est un combat incessant pour vaincre et déraciner les passions, afin d’être purs et irréprochables devant la Face de Dieu.» 
Saint Théophane Le Reclus*

in Pour garder la flamme, instructions aux moniales sur les obligations de leur vie monastique (Traduit par Svetlana Marchal Âge d'homme-La lumière du Thabor)

*10 janvier 1815 - 16 juin 1894
Jours commémoratifs:
19/6 janvier - Décès
23/10 janvier

29/16 juin

jeudi 22 août 2019

Schismes, acribie et économie par l'Archimandrite Partenij

Sermon de Sa Béatitude, Archimandrite Partenij, 
prononcé lors de la célébration des Vêpres de St Parthénios de Lampsaque


LA COMPASSION EST LA VOIE DU CHRIST
« Je suis vraiment touché si bien que je ne sais quels mots employer. Du fond du cœur, je vous remercie pour le grand amour que je peux ressentir de vous tous, bien que je m’en trouve totalement indigne et me considère comme le serviteur indigne décrit dans le Saint Évangile, par la bouche de notre Sauveur, Christ. 
Me tenant debout devant Dieu, je n'ai rien pour me présenter et me justifier. Mon zèle est faible et je manque d'amour. Mais en dépit de tout cela, je m'efforce autant que possible de partager avec tous ceux qui demanderont ou qui auront un besoin tout le trésor spirituel que Dieu m'a donné si généreusement. Depuis le tout premier moment où notre Dieu bon a confié au serviteur indigne que je suis, ce monastère comme demeure, j'ai essayé, avec l'aide de sa grâce, d'en faire un foyer pour tous. Pour que tout le monde puisse se ressentir comme un enfant de notre Père céleste. Et le temps a montré que beaucoup de ceux qui ont été accueillis dans ce monastère comme dans la maison de notre Père ont changé, ont accepté une vie de repentance et sont devenus de bons chrétiens. Cela me donne de l'espoir pour mon salut, mais cela me motive également à continuer à lutter pour m'améliorer, au nom de votre amour et de vos sacrifices, soutenu par vos prières. Je vous demande humblement à tous de pardonner mes faiblesses, mes passions et mes chutes. Si j'ai blessé l'un de vous, je veux que vous me pardonniez et priez pour moi, l’indigne.


Portant le fardeau d'être le premier parmi les moines, leur higoumène […] je vois maintenant à quel point la croix est lourde pour celui qui est responsable des âmes des enfants de Dieu, ceux qui sont tellement aimés par le Christ et chèrement rétribués pour Son sang divin. Pour vous être confiés, pour les guider vers lui et les conduire vers son royaume! Une responsabilité vraiment énorme et terrible. Par conséquent, je vous demande humblement de vous rappeler constamment de moi dans vos prières. 
Père Partenij avec le précieux cadeau à l'occasion de sa fête onomastique - le portrait de son Père spirituel, l'archimandrite George Kapsanis 
Je remercie mes frères bien-aimés - moines et sœurs - religieuses qui se sont souvenus de me présenter ce portrait magnifiquement peint de l'homme qui a gravé le Christ dans mon cœur, principalement par son témoignage vivant de l'amour de Dieu. L'homme qui a témoigné par ses actes que, comme le dit l'apôtre Paul, dans le Christ: « Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n' y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ.»(Gal. 3,28).


Il m'est arrivé de partir pour le Mont Athos à un moment où notre pays était en train de devenir indépendant et, je suis sûr que les personnes âgées ici s'en souviennent, la situation politique était si compliquée et si incertaine que nous ne savions pas si nous survivrions en tant que pays, s'il y aurait une guerre, etc. Les relations avec l'État grec étaient particulièrement compliquées. Ces jours-ci, des souvenirs de cette époque me sont revenus en mémoire et je disais à certains de mes frères que durant le sixième mois de mon séjour là-bas, ceux d'entre nous qui étaient d'ici ont été confrontés à de graves problèmes causés par le gouvernement grec sur le mont Athos. En ce temps-là, l'Ancien n'était pas au monastère, il était en voyage à Athènes. Ils nous ont donc invités à une conversation au cours de laquelle nous étions censés déclarer notre nationalité. Père Georges, connu pour son grand cœur et sa générosité spirituelle, nous appelait slavo-macédoniens - un nom totalement inacceptable pour le monde grec entier. Alors j'ai dit que j’étais slavo-macédonien. Cependant, ma réponse ne leur plaisait pas. Ensuite, un des moines plus âgés présents a déclaré que nous pouvions choisir l’un des pays voisins et, étant donné que nous faisions encore partie de la Yougoslavie, en raison de l’amitié de la Grèce avec la Serbie, il serait très approprié de me déclarer comme serbe. J'ai alors répondu sans ambage : « Je ne le ferai en aucun cas, car je ne pense pas devoir être Serbe pour être orthodoxe. » Ils ont considéré que c'était un problème, alors ils ont essayé d'entrer en contact avec l'Ancien. À ce moment-là, il n’était pas facile de contacter un homme qui se trouvait au loin, comme c’est le cas maintenant avec les téléphones portables, mais en persistant, ils ont réussi à le contacter par téléphone et à lui demander ce qu’il fallait faire. Il a répondu: «Laissez-les se déclarer comme ils se sentent. Et je réglerai les choses avec les autorités laïques. » Plus tard, les moines m'ont dit que Père Georges avait appelé les membres du gouvernement et leur avait dit: «Si nous continuons à traiter nos frères orthodoxes de cette manière, nous serons punis par Dieu et notre bénédiction nous sera retirée. Le Seigneur nous a donné, les Grecs, la bénédiction de préserver l'héritage et la tradition orthodoxes, à un moment où tous les autres pays et états orthodoxes sont tombés dans le communisme. Vous savez, c’est une grande bénédiction. Et maintenant, Dieu a envoyé ces gens pour que nous leur transmettions la tradition afin qu'ils puissent la ramener dans leurs pays. Qui sommes-nous pour arrêter la providence de Dieu? »


Le Seigneur a toujours choisi des hommes saints pour transmettre le message de l'Évangile d'une manière digne. L’ancien Georges Kapsanis était sans aucun doute un tel homme, pour tous, très semblable, par son esprit, au grand Photius, le saint patriarche œcuménique, qui, inspiré par sa conscience évangélique progressiste, avait envoyé en mission les saints frères Cyrille et Méthode parmi nos ancêtres, afin d’annoncer l’Évangile du Christ. La grâce illuminatrice de Dieu a toujours été puissante dans l'Église et elle est toujours active aujourd'hui. Même au cours des récentes années, notre Seigneur continue de choisir des personnalités éclairées pour gouverner l'Église, conscientes de leur responsabilité et s'efforçant d'agir à l’instar de leurs glorieux prédécesseurs dans la réalisation de la providence de Dieu pour le salut de tous les peuples. De nos jours, nous voyons comment le primus inter pares, le patriarche œcuménique, est fermement déterminé à établir un ordre approprié dans l'Orthodoxie, sur la base des canons sacrés et du droit coutumier, afin de panser les blessures et les divisions du corps du Christ. Prions pour que Dieu lui accorde, ainsi qu'à tous les autres dirigeants des Églises locales, la force et l'illumination pour agir selon la compassion et l'empathie du Christ.


En tant que père spirituel, bien que le plus petit d'entre eux, je veille toujours à être empathique envers tous ceux qui veulent m'ouvrir leurs plaies intimes. Quand je vois qu'il y a même un léger sentiment de remords chez celui qui fait des aveux, je ne lui impose pas immédiatement des règles strictes, car je sais que le poids des règles ne fera que surcharger son âme déjà tourmentée et cela peut avoir l'effet inverse, il ne voudra peut-être plus jamais revenir à l'Église. C'est pourquoi j'essaie d'agir selon l'empathie spirituelle bienheureuse, comme nous l'ont appris les Pères ecclésiastiques. Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que les gens conservent une justice formelle dès la première confession en leur imposant la rigueur des règles. Ayant à l’esprit à quel point il est difficile pour eux de montrer leurs plaies lors de la première confession, il me suffit que quelqu'un ait pris la décision de se confesser. Il est donc correct d'accepter son repentir, de le réconforter et de le conseiller. Dans ces cas-là, j'agis avec indulgence, j'ai entendu ce qu'il voulait et pouvait me dire, je lui apprends alors le repentir, puis je lui lis une prière. Ainsi, après les deuxième, troisième et quatrième confessions, nous voyons les résultats souhaités.


Je le dis principalement parce que, de nos jours, j'entends dire que certains évêques parlent constamment d'une grande repentance abstraite qui devrait être montrée par ceux qui, dans la plupart des cas, et non par leur faute, sont dans le schisme. Cependant, l'histoire de l'Église nous a montré quelque chose de complètement différent - elle témoigne notamment du fait que des hommes saints avec un grand amour et une grande indulgence ont accepté ceux qui souhaitaient retourner dans l'Église qu’ils ont quittée pour une raison quelconque. Quoi qu'il en soit, ces hommes saints avaient pour prototype le Christ lui-même, qui n'avait pas demandé à Zachée une certaine repentance "légale", mais avait seulement remarqué son désir, l'avait appelé et s'était rendu chez lui. Nous voyons un exemple similaire dans l'Evangile avec la femme prodigue, qui a été acceptée par Christ à cause de son amour et de son désir sincère; ensuite, avec le fils prodigue, qui a rencontré son père miséricordieux avant même d'avoir réussi à atteindre la maison de son père, etc.


Je vous demande en particulier de prier pour que soient surmontées les tentations et les divisions dans l'Église auxquelles nous assistons chaque jour, afin que nous tous dans l'Église puissions ne faire qu'un. Parce que la volonté du Christ est que nous soyons un en Dieu Trine: "que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé afin qu'ils soient un comme nous sommes un" (Jean 17,21). Et nous ne serons qu'un, que par son amour. Notre plus grand témoignage que nous sommes chrétiens est notre amour: tous les hommes sauront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres (Jean 13:35). Et l'assemblée d'aujourd'hui est scellée de cet amour même du Christ. S'il n'en avait été ainsi, nous ne serions sûrement pas réunis de la sorte aujourd'hui, unis comme une seule famille, pour être heureux les uns avec les autres. Ce rassemblement est une joie mutuelle, car rencontrer les êtres chers est la plus belle des choses. Ce soir, après une longue période, j'ai vu beaucoup de mes enfants spirituels. Quand je les voyais de loin, j'écartais mes mains, je les serrais dans mes bras et j'étais très heureux parce que je les aime vraiment. Ce ne sont pas seulement des mots vides, mais ils sont extraits du sanctuaire intérieur du cœur.


Enfin, je voudrais vous demander encore une fois de prier pour moi, car je compte vraiment sur vos prières. Tout comme le Seigneur a pardonné au serviteur indigne, j'espère aussi que, pour votre bien, il aura pitié de moi et me donnera la force d'être un meilleur père spirituel et un meilleur pasteur.
Que vous soyez tous en bonne santé et soyez bénis par Dieu! Merci pour votre amour et vos soins. Que les prières de saint Parthénius de Lampsaque soit avec nous tous! »

Archimandrite Parthenios,
rattaché à  l'Église orthodoxe macédonienne
 dans l'ouest de la Macédoine du Nord 
dans la Ville Mavrovo et Rostoucha
 (Coordonnées 41° 37′ 10″ nord, 20° 36′ 30″ est )



version française par Maxime le minime
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